la cuisine littéraire et gastronomique de Mazel

deux passions : la littérature et la cuisine. Pour la cuisine, étant diabétique, mes recettes seront en général light... mais... deux hommes à la maison et eux sont très gourmands, donc, aussi des recettes traditionnelles.

28 août 2008

Grenouille crucifiée : Rome dénonce "une offense à la sensibilité"

ITALIE
NOUVELOBS.COM 28.08.2008 17:53



"Cette oeuvre blesse le sentiment religieux de nombreuses personnes" et "offense le bon sens et la sensibilité de ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce symbole", dénonce le ministre italien de la Culture, à propos de l'œuvre controversée de Martin Kippenberg.

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Une photo de l'oeuvre de Martin Kippenberg (DR)


La sculpture d'un artiste allemand représentant une grenouille crucifiée et exposée dans un musée du nord de l'Italie "blesse le sentiment religieux".


C'est ce qu'a estimé jeudi 28 août, dans une note diffusée par ses services, le ministre italien de la Culture Sandro Bondi.


"Non seulement cette oeuvre blesse le sentiment religieux de nombreuses personnes qui voient dans la croix le symbole de l'amour de Dieu, mais elle offense aussi le bon sens et la sensibilité de ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce symbole", estime le ministre du gouvernement Berlusconi, qui conclut : "Je serais heureux que les institutions publiques ou financées par le public n'exaltent pas uniquement l'art désacralisé, les provocations inutiles ou le non-sens".


Pression des élus locaux


Cette sculpture controversée de Martin Kippenberger est exposé au musée d'art moderne de Bolzano, dans le nord de l'Italie, et avait déjà suscité des réactions.


Il y a un mois, un élu de Bolzano avait ainsi entamé une grève de la faim pour protester contre l'exposition de l'œuvre dans le musée d'art moderne de sa ville.


Sous la pression de plusieurs élus locaux, sa direction a récemment décidé de la déplacer de l'entrée de l'établissement au troisième étage. Elle a cependant refusé de ne plus l'exposer.


Le nouveau gouvernement de droite de Silvio Berlusconi soigne ses rapports avec le Vatican et avec l'Eglise catholique italienne. Ceux-ci sont en effet bien meilleurs que ceux du précédent gouvernement de gauche de Romano Prodi.


Ce dernier avait notamment souhaité reconnaître la légalité des unions civiles, hétérosexuelles comme homosexuelles. Il avait finalement été contraint d'enterrer le projet.


source :http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/culture/20080828.OBS9211/grenouille_crucifiee__rome_denonce_une_offense_a_la_sen.html?idfx=RSS_culture

*

Note :

Serais ridicule d'interdire !

mais tout de même... me demande si tout ce que l'on fait en vertu de la liberté d'expression est vraiment nécessaire...

Déjà pas trop apprécié les caricatures de Mahomet, je n'apprécie pas beaucoup plus celle-ci...

Enfin, c'est de l'art...

Je suppose que l'auteur a un message a délivrer ??? mais franchement, je ne vois pas trop lequel.

Si quelqu'un peu éclairer ma lanterne...

George Orwell - 1984

souvenir de lecture



science-fiction
lecture en ligne : http://wikilivres.info/w/index.php/1984

L'origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s'est inspiré de Staline pour en faire son "Big Brother", figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l'URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime.

Mais Orwell n'oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures...

Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c'est la richesse des personnages, qu'il s'agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir...

C'est aussi cette "novlangue", affadie et trompeuse, destinée aux "proles", et ces formules de propagande ("L'ignorance, c'est la force") scandées par des foules fanatisées et manipulées.

1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d'expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.


De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. Big Brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance.

Seule comptait la Police de la Pensée.

1984 (Nineteen Eighty-Four) est le plus célèbre roman de George Orwell, écrit en 1948 et publié l'année suivante.

Le roman devait s'appeler à l'origine The Last Man in Europe (Le Dernier Homme en Europe), ou encore 1949, l'année de sa parution, mais Orwell se vit opposer un refus de la part de son éditeur.

Il le renomma ensuite 1984, en inversant les chiffres correspondant à la date d'écriture (1948), et donna une dimension plus futuriste au récit afin qu'il choque moins ses contemporains.

1984 est communément considéré comme une référence du roman d'anticipation, de la

dystopie, voire de la science-fiction en général. La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, ainsi que de la réduction des libertés. En 2005, le magazine Time a d'ailleurs classé 1984 dans sa liste des 100 meilleurs romans et nouvelles anglaises de 1923 à nos jours, liste où se trouve La Ferme des animaux, autre fameux roman d'Orwell tout aussi dystopique.

Il décrit une Grande-Bretagne postérieure à une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest censée avoir eu lieu dans les années 1950, où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d'expression en tant que telle n’existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches trônent dans les rues, indiquant à tous que « Big Brother vous regarde » (Big Brother is watching you).



Caractéristiques du monde de 1984


L’histoire se passe à Londres, en 1984, d'où le titre du roman.

Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’Océania (Amériques, Royaume-Uni, Océanie et Afrique), l’Eurasia (Europe et Russie) et l’Estasia (Chine, Inde, Mongolie, Tibet et Japon) qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres.

Ces trois grandes puissances sont dirigées par différents régimes totalitaires revendiqués comme tels : respectivement

l’Angsoc (ou socialisme anglais),

le néo-bolchévisme,

et le culte de la mort (ou oblitération du moi).

Il est à noter que tous ces partis sont présentés comme « communistes » avant leur montée au pouvoir, avant de devenir des régimes totalitaires et de reléguer les prolétaires qu'ils prétendaient défendre au bas de la pyramide sociale.



L’Angsoc,

régime de l’Océania, divise le peuple en trois classes sociales :

le « Parti Intérieur », classe dirigeante au pouvoir partagé,

le « Parti Extérieur », travailleurs moyens,

et les « prolétaires », sous-classe s’entassant dans les quartiers sales.

Le chef suprême du Parti est Big Brother, visage immortel et adulé placardé sur les murs de la ville.

Tous les membres du Parti sont constamment surveillés par la Police de la Pensée et chaque geste, mot ou regard est analysé au travers des « télécrans » (assemblage de deux mots comme on en trouve souvent en novlangue, ici de « télé » et de « écran ») qui balayent les moindres lieux.

Winston Smith, membre du Parti extérieur, occupe un poste de rectification d’information au commissariat aux archives, dans le Ministère de la Vérité (Miniver en novlangue). Son travail consiste à supprimer toutes les traces historiques qui ne correspondent pas à l'Histoire Officielle, qui doit toujours correspondre à ce que prédit Big Brother.


En plus de l'
anglais classique, langue officielle de l'Océania, l'Angsoc a créé une langue, le novlangue (newspeak en anglais). Cette langue est constituée principalement d'assemblages de mots et est soumise à une politique de réduction du vocabulaire. Le nombre de mots en novlangue diminue sans arrêt. Au début du roman, un membre du Parti Extérieur révèle que la version finale du dictionnaire novlangue était en préparation afin d'éliminer tout autre mode de pensée et idée hérétique.



Éléments réels d'inspiration


La correspondance d’Orwell indique que son projet était de lancer un avertissement contre les totalitarismes, particulièrement à une gauche britannique (dont il faisait partie) qu'il soupçonnait de complaisance envers Staline, du moins pour ce qui était de certains intellectuels comme George Bernard Shaw ou Herbert George Wells.

De nombreux éléments sont puisés dans la réalité de la fin des

années 1940 qui a inspiré Orwell de manière flagrante : la description d'un Londres décrépit, avec ses cratères dus à des « bombes fusées », ses files d'attente devant les magasins, ses maisons victoriennes en ruine, ses privations de toutes sortes, évoque fortement le Londres de l'immédiat après-guerre et ses pénuries (les tickets de rationnement ont été une réalité jusqu'en 1953) sans compter les effets encore visibles des bombardements allemands (les V1 et V2).

Le bâtiment qui aurait inspiré le « ministère de la Vérité » serait celui du ministère de l'Information dans le quartier Bloomsbury, Senate House, aujourd'hui propriété de l'université de Londres.



Résumé :


Winston Smith, habitant de Londres en Océania, est un employé du Parti Extérieur, c'est-à-dire un membre de la « caste » intermédiaire du régime océanien : l'Angsoc (mot novlangue pour « Socialisme Anglais »).

Winston officie au Ministère de la Vérité, ou Miniver en novlangue, et son travail est de falsifier les archives historiques afin qu'elles correspondent à l'idéal d'omniscience de Big Brother, figure directrice d'Océania.

Ainsi, si l'Océania déclare la guerre à l'Estasia alors que deux jours avant elle était en paix avec cet État, les autres membres du Ministère de la Vérité, et notamment ceux du commissariat des archives (« Commarch » en novlangue), où travaille Winston, devront s'assurer que plus aucune trace écrite n'existe de l'ancienne alliance avec Estasia.

Il prend conscience qu'il n'a pas de pensées aussi « orthodoxes » qu’il devrait en avoir aux yeux du Parti.

Susceptible d'être traqué par la Police de la Pensée, il cache ses hérésies et sa haine du Parti derrière un visage de marbre, mais implose intérieurement de révolte. Il commence à écrire un journal : il veut laisser une trace du passé et de la vérité, et comprendre le pourquoi de cette dictature.

La possibilité pour Winston d'écrire un journal, notamment un journal s'interrogeant sur le bien fondé de la dictature de Big Brother, l'est par une singularité dans le plan de son appartement : un petit coin se trouve en dehors du champ de vision de son télécran, ce qui lui a permis d'y aménager un endroit non surveillé.


Rencontre avec Julia


Lors des Deux minutes de la Haine, moment rituel de la journée, pendant lequel le visage de l'« ennemi » de l'Angsoc, Emmanuel Goldstein, est diffusé sur des écrans, Winston croise Julia, une jeune femme du commissariat aux romans, membre de la ligue anti-sexe. Après avoir cru qu'elle était une espionne de la Police de la Pensée et avoir même souhaité l'assassiner, notamment à cause du fait qu'elle semblait souvent le suivre, Winston changera d'avis lorsqu'elle lui avouera plus tard être amoureuse de lui.

Ils s’aiment et font l’amour clandestinement dans une mansarde louée dans le quartier des prolétaires. Ils savent qu’ils seront condamnés, que tôt ou tard ils devront payer le prix de tous ces crimes envers le parti. Ils rêvent cependant d’un soulèvement, d’une résistance ; ils croient au mythe d’une Fraternité qui existerait quelque part et unirait les gens comme eux contre le Parti.

C’est pourquoi ils finissent par aller à la rencontre d’O’Brian, personnage intelligent et charismatique, membre du Parti intérieur dont Winston a l’intime conviction qu’il est un partisan de la Fraternité. O’Brian leur fait parvenir « Le Livre » de Goldstein, l’ennemi du peuple et du Parti, objet de la haine et de la peur la plus intense en Océania. Il y est expliqué tous les tenants et les aboutissants des systèmes politiques et des manipulations psychologiques mis en place en Océania.


Arrestation


Avant la fin de leur lecture, Winston et Julia sont arrêtés par la Police de la Pensée et amenés au Ministère de l'Amour. Winston y retrouve O'Brien lui-même, qui n'a en fait jamais été membre de la Fraternité, bien au contraire, car il est justement chargé de traquer les « terroristes par la pensée ». O'Brian lui apprend que Winston était repéré comme peu fiable bien avant que lui même n'en prenne conscience.

Winston sera torturé et humilié pendant des jours et des semaines jusqu'à ce qu'il perde toutes ses convictions morales et soit prêt à accepter sincèrement n'importe quelle vérité, aussi contradictoire soit-elle (2 et 2 font 5), pourvu qu'elle émane du Parti

.

Sa rééducation se finit lorsque mis devant sa terreur la plus forte (des rats), il trahit Julia et la renie

.


On apprend enfin que le « Livre » de Goldstein est en vérité une création du Parti Intérieur, qui sont les véritables dirigeants de l'Océania, et qu'Emmanuel Goldstein est une figure allégorique au même titre que
Big Brother.


l'échec de Winston


Relaché, Winston n'est plus qu'une épave vide de sentiments et de dignité, passant sa vie au bistro. Par hasard il revoit Julia, qui elle aussi l'a renié sous la torture et cette trahison mutuelle a rompu leur attachement.


Un jour, où pendant la guerre nécessaire et incessante qui oppose les 3 blocs totalitaires la propagande prétend qu'une nouvelle brillante victoire aurait retourné magistralement une situation très compromise, il devient un admirateur béat de Big Brother .



Contexte


Parabole du despotisme moderne,

conte philosophique sur le pire XXe siècle,

le totalitarisme orwellien est très clairement inspiré du système soviétique, avec son Parti unique, son chef tutélaire objet d'un culte de la personnalité, son régime d'assemblée, sa confusion des pouvoirs, ses plans de productions triennaux, son militarisme de patronage, ses parades et manifestations « spontanées », ses files d'attentes, ses slogans, ses camps de rééducation, ses confessions publiques « à la moscovite » et ses affiches géantes.

On peut aussi y voir des emprunts au nazisme au fascisme et au communisme.

*
Orwell était et restait un homme de gauche d'une absolue sincérité.

Avant 1984, il avait par exemple publié sur les foyers ouvriers misérables dans le Yorkshire ou les chômeurs de Middlesbrough (Le Quai de Wigan). Mais c'était un socialiste « de terrain » .

Si la droite conservatrice lui inspirait du mépris, il était fort exigeant à l'égard de la gauche. Il avait ainsi cruellement raillé dans un de ses premiers romans (Et vive l'aspidistra !, à travers le personnage ridicule de Ravelston) une certaine « gauche » fort loin de la réalité sociale et matérielle du monde ouvrier.

Il craignait autant la « gauche morale » satisfaite, qu'il soupçonnait de faire le lit du totalitarisme (à travers le conférencier « anti-Hitler » ridicule de Encore un peu d'air frais) dès 1938.

Enfin, il détestait les communistes, a fortiori « de salon », et méprisait par exemple Jean-Paul Sartre. La misère matérielle restait pour lui la misère matérielle, que le « Parti » soit au pouvoir ou que ce soient les « capitalistes ». Il n'y a aucun doute donc, contrairement à ce que l'on croit parfois, sur ses convictions socialistes très profondément anti-autoritaires, et Orwell acceptait mal d'être récupéré par la droite, ce qui a été surtout le fait de l'accueil nord-américain de 1984.

Certaines invraisemblances évidentes de 1984, elles aussi, sont un reflet des inquiétudes d'Orwell : dans le roman, les États-Unis sont censés faire eux aussi partie de l'Océania (qui regroupe en fait les pays anglo-saxons - voir carte). Orwell voyait dans les États-Unis, un peu à la manière des «

temps modernes » de Chaplin, la quintessence du monde moderne technomaniaque qui est aussi l'un des avertissements de 1984.

Par ailleurs, la thèse qu'Orwell expose à travers le manifeste du « traître » Emmanuel Goldstein (Du collectivisme oligarchique) suppose que le pouvoir peut employer la misère à des fins politiques : Goldstein attribue les pénuries sévissant sous l'« angsoc » à une stratégie délibérée du pouvoir plutôt qu'à un échec économique.

Certaines personnes ayant vécu sous un régime stalinien

, comme l'ancien dissident Alexandre Zinoviev, s'accordent pour saluer l'intuition des mécanismes politiques et psychologiques de ce type de régime dont fait preuve Orwell.

A voir


Œuvres littéraires anti-totalitaires
Novlangue (français pour newspeak)
Big Brother
Art officiel
Retournement
Pensée spéculative
Doublepensée
Contre-utopie
Globalia, de Jean-Christophe Rufin, qui traite de thèmes semblables.
La Ferme des animaux, roman du même auteur
Le Meilleur des mondes, roman d’Aldous Huxley écrit en 1931, une vision du futur opposée souvent comparée à 1984.
Un bonheur insoutenable, roman d'Ira Levin (1969), une vision du futur à comparer à 1984 et à Le Meilleur des mondes.
Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, de Maurice Joly 


Brazil, film de Terry Gilliam (1985)
Philip Kindred Dick sur le thème récurrent des réalités distordues pour servir des intérêts particuliers
Eurythmics, l’album 1984 (For the Love of Big Brother) (1984), bande originale du film de Michael Radford, et en particulier la chanson Sex Crime
David Bowie, l’album Diamond dogs (1974), librement inspiré du roman
*

Note :

chef d'oeuvre !

Coup d'oeil vite faire sur :

source : wikipédia pour la plus grande part.

http://www.cafardcosmique.com/1984-de-George-ORWELL

De la présence des morts dans un conte de fées

Rentrée littéraire de septembre 2008


A première vue, ça paraît plein de fantômes.

Faux semblant.

En vérité, c’est plein des gens qui ne sont pas là.

Ce roman envoûtant bruisse (mais oui, ça se dit, n’en déplaise à l’Académie française et à un écrivain qui m’en fit un jour la remarque), il bruisse de leur absence.

Ce qu’on appelle la présence des morts et que Nathalie Rheims excelle à rendre palpable depuis son premier texte, irradié par le souvenir de son frère.

On n’en a jamais fini avec ce manque-là ; il faut bien davantage que les travaux et les jours pour le mettre à distance.

Le chemin des sortilèges(180 pages, Editions Léo Scheer) renoue avec le son et l’esprit de L’Un pour l’Autre (1999).

Comme si un dixième livre se devait d’achever un cycle.

On s’y aventure comme il semble avoir été écrit : en état d’hypnose.

Par moment, on croit s’être égaré dans La Nouvelle rêvée d’Arthur Schnitzler et dans le film qu’elle a inspiré à Stanley Kubrick ; le fait est que la narratrice semble avancer dans ce monde initiatique les yeux grands fermés.

Comme si elle ne parvenait pas à sortir de son rêve. On sent qu’elle cherche à s’en extirper à la manière du baron de Münchhausen qui put s’extraire des sables mouvants en se tirant par les cheveux.

*
C’est un conte de fées sur les contes de fées.

Six nuits ponctuées chacune par un conte déposée à son chevet. Que du classique, de la pâte à Bettelheim.

On sait l’infinie cruauté de ces choses-là pour qui veut bien les lire autrement.

L’histoire d’une femme qui abandonne son mari, ses enfants et son amant pour un homme est racontée du point de vue de l’enfant devenue femme et voix de ce roman. 15 ans à l’époque. Quels dégâts ! La mort de ses plus proches l’a faite mûrir.

Elle croit toujours aux contes de fées, sauf qu’elle les vit encore comme des histoires de terreur où peut enfin s’exprimer la violence de celle qui ne dit jamais non.

*
Un psychanalyste parisien de renom est le pivot de cette histoire.

L’amant abandonné, c’était lui.

A la suite d’un accident cérébral, il s’est drapé dans sa solitude, loin du monde mais suffisamment près pour être rejoint par la narratrice.

Dix ans qu’ils ne s’étaient vus. Elle était anorexique. Il la recevait tous les jeudis. Voussoiement de rigueur.

Il lui avait proposé de faire le deuil de sa mère. Faire son deuil de son vivant pour ne pas en mourir.

Mais le faire ensemble, à deux, chacun portant l’autre.

Comment la pratique du psychanalyste ne serait-elle pas interrogée à la suite de ce livre où, un grand nom de la discipline analyse la fille de celle qui fut longtemps sa maîtresse, tant et si bien qu’on en vient à se demander si elle n’est pas le fruit de leur liaison clandestine ?

Nous sommes les enfants de ceux qui nous élèvent, c’est sa réponse, invariable. Il ne l’a pas élevée, il n’est donc pas son père. Il croit désamorcer tout procès en déontologie en lui rappelant qu’il ne lui prenait pas d’argent pour les séances. On se voit par amour, vous ne payez pas… La pirouette ne fait que renforcer l’ambiguïté. N’empêche, cette heure hebdomadaire lui a donnée le rare sentiment d’être enfin comprise.


Voilà sur quel archipel d’intimes misères et de fragments de vie une femme s’est construite. Voilà pourquoi la hantise de n’être pas aimée pousse à obéir au désir des autres. Voilà ce qui fait parfois qu’on est un écrivain. Non pour être connue mais reconnue.


source : le blog de Pierre Assouline

(cliquez sur le titre)

*

Note :


Dans un précédent article j'avais noté ce livre, sans grande conviction... Il semble bien que j'avais tord, d'après ce qu'en dit Pierre Assouline.


Et surtout, la référence à Bettelheim, dont j'avais lu le livre sur les contes de fées.


Et puis, une autre référence, celle au livre de Arthur Schnitzler... l'un de mes auteurs favoris.


Finalement, de grande chance pour que je lise Le chemin des sortilèges de Nathalie Rheims...


sinon, tentée par "Le cercle de Megiddo" de Nathalie Rheims ... polar ésotérique.


A voir :


http://bibliosurf.com/Le-Chemin-des-sortileges


http://www.nathalierheims.com/

voir les nouveautés chez l'éditeur :

http://www.leoscheer.com/

Titeuf réfléchit sur "le sens de la vie"

Rentrée littéraire septembre 2008

Le Sens de la vie, le douzième album Titeuf, sort jeudi 28 août aux éditions Glénat.

Avec un tirage annoncé de 1,8 million d'exemplaires, il se présente comme le plus fort tirage de l'année de l'édition en France et dans l'espace francophone, tous genres confondus.

Le blondinet à la houppette folle, dont les aventures sont traduites dans une trentaine de langues, confirme avec ce nouveau volume son statut de star de la bande dessinée internationale.

Refusées par plusieurs éditeurs à leur création, les aventures de Titeuf se sont vendues en seize ans à plus de quinze millions d'exemplaires dans le monde.

Zep, le dessinateur suisse qui a créé Titeuf au début des années 1990, a révolutionné la BD pour enfants.

Ses personnages parlent du chômage des parents, du terrorisme, du racket dans la cour de l'école, de sexe ou de dépression.

Titeuf est d'ailleurs devenu un personnage tous publics, comme le sont parfois les meilleurs héros de BD. L'exposition autour du Guide du zizi sexuel, dont il est la vedette à la Cité des sciences à Paris, a attiré depuis octobre plus de 200 000 visiteurs.

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Le Sens de la vie, Titeuf 12, de Zep - Edition Glénat - Sortie le 28 août - 46 pages - 9,40 euros

source : le Monde
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la famille de Titeuf

Les parents de Titeuf sont rôdés face aux turpitudes de leur fils.

Le père se retrouve au chômage au cours des aventures, ce qui permet d'aborder le sujet à travers les yeux de Titeuf.

Zizie, qui apparaît pour la première fois dans le septième album, est la petite sœur de Titeuf.

Sa venue entraine de nombreux bouleversements dans la vie de Titeuf qui doit parfois s'en occuper et éviter qu'elle ne saccage ses affaires.

Titeuf se réconforte en pensant qu'elle pourra lui servir à rencontrer des filles.

Monique est la tata de la mère de Titeuf. Ce dernier prend un malin plaisir à l'appeler « Tata », bien qu'elle n'aime pas trop cela.

Julie est la cousine rousse de Titeuf, un peu garçon manqué. Titeuf semble parfois être amoureux d'elle.

Pépé, avec son fameux dentier, que Titeuf et Manu soupconnent d'être un vampire. (Le pépé de Titeuf va mourir dans la dernière saison.)




les amis de titeuf

François est le représentant typique du myope intellectuel de service.

Hugo, le petit gros en polo rouge et pantalon blanc, est très malin et sort toujours de bonnes vannes. Il adore manger des barres chocolatées et est obnubilé par les filles. Il parle beaucoup de sexe. C'est le caïd de la classe.

Manu, avec ses grosses lunettes, est le meilleur ami de Titeuf : il est timide et peut sortir beaucoup de bêtises surtout en ce qui concerne l'amour.

« Morvax », de son vrai nom Thomas, est le surnom d'un des camarades de Titeuf qui est constamment enrhumé.

Jean-Claude ne peut plus parler sans cracher ni zozoter depuis que ses parents lui ont fait mettre un appareil dentaire.

« Puduk », de son vrai nom Pierre-Alexandre, est ainsi surnommé par ses camarades à cause de son odeur nauséabonde.

Ramon est un fils d'immigré espagnol qui a beaucoup de difficultés d'expression en français. Il se fait souvent avoir par ses autres amis et ramasse sans arrêt la honte. (Il n'apparait pas dans la série animée)

« Vomito », de son vrai nom Hervé,


Tim est un jeune noir, très timide, secrètement amoureux de Nathalie.




les filles

Nadia est l'amour plus ou moins secret de Titeuf.

Très midinette, elle est à des lieues des goûts de Titeuf et ses amis et de leurs concours de pet.

En règle générale, elle considère donc Titeuf comme un ringard même si le blondinet marque parfois quelques points.

Sa présence permet d'aborder les différences entre les garçons les filles.

« Dumbo », de son vrai nom Valérie, est une fille sujet à de nombreuses moqueries à cause de ses oreilles décollées.

Martine, autre fille de la classe de Titeuf, apparaît rarement. Elle est bonne élève.


Lisa, autre fille, parfois avec Nathalie et une autre fille, prénomée Corinne (qui serait l'amoureuse de François)




les enseignants

La maîtresse (Madame Biglon), est la bête noire des enfants de la classe.

Ils la considèrent comme leur pire cauchemar.

Il n'empêche qu'elle peine avec Titeuf, qui lui en fait voir de toutes les couleurs.

Titeuf et ses amis la soupçonnent d'être un extra-terrestre venant d'une autre planète.

Monsieur « Pourri » est un professeur de travaux manuels que les élèves ont surnommé ainsi car son haleine sent « comme s'il avait mangé le

Le concierge est un homme sévère à qui Titeuf et ses amis réservent souvent des malheurs.

« Musclor » est le professeur de


Le recteur qui vient chaque fois voir si la classe de Titeuf est une bonne classe. Titeuf l'a déjà appelé rectum.




les ennemis

Le grand Diego est un garçon plus âgé que Titeuf et ses camarades qui prend plaisir à les frapper et les taxer.

Marco est le frimeur de service. Il vient toujours rouler sa caisse auprès des « nains » comme il dit lui-même.

C'est le grand rival de Titeuf auprès de Nadia.

« Ray Charles », surnommé ainsi par Titeuf et ses copains à cause de ses lunettes, est un racketteur

Titeuf et sa bande s'amusent souvent à lui donner de faux billets (billets de monopoly, ou même du papier toilette).




En savoir plus : Site officiel de Zep et Titeuf

myope.
gymnastique, surnommé ainsi à cause de ses muscles volumineux, qui prend un malin plaisir à faire souffrir Titeuf et ses amis. Il adore « faire plaisir » à Nadia et ses copines.
compost ».
Nathalie est la meilleure copine de Nadia, l'amoureuse de Titeuf . Elle en profite souvent pour lui mettre des gifles. Elle est un peu garçon manqué.
vomit pour un oui ou pour un non : dans le bus, quand il voit du sang, quand il mange trop… Tout le monde se moque de lui.

Paul Auster - La Musique du hasard

Livre de chevet

Auster nous convie à une randonnée existentielle :

celle d'un homme qui, après avoir confié sa fille à sa sœur, se retrouve sans attache, pris dans le tourbillon d'une errance désespérée qu'il ne comprend pas lui-même.

Cette dynamique incontrôlable le pousse à sillonner les Etats-Unis en voiture.

Il rencontre, au son de La Musique du hasard, des personnages surgis de nulle part qui vont donner un tour extraordinaire à cette fuite en avant.

Il serait criminel d'en révéler plus, tant le suspense est efficace.

Disons juste que l'on se retrouve dans une sorte de quatrième dimension où les manipulateurs demeurent invisibles, où les maquettes figurent des maquettes de maquettes, où la fin n'est qu'un recommencement...

Le ton se veut neutre et lisse ; il a l'objectivité d'un observateur extérieur.

Le caractère imperturbable de la narration n'en sert que mieux la montée de l'angoisse qui, si elle s'accélère par moments, est toujours latente dans cette démonstration du pouvoir catalyseur et versatile de l'argent

biographie chez l'éditeur :

Paul Auster est né en 1947 à Newark dans le New Jersey et vit aujourd'hui à Brooklyn.

Après des études à la Columbia University, de 1965 à 1970, où il obtient un Master of Arts, Paul Auster s'installe à Paris de 1971 à 1975.

Connaisseur attentif de notre langue, il traduit des auteurs comme Dupin, Breton, Jabès, Mallarmé, Michaux et Du Bouchet.

Il publie ses premiers poèmes en France en 1980 (Unearth) et son premier roman en 1987 (Cité de verre).

Suivront des essais, pièces de théâtre, recueils de poésie et de nombreux romans.

Son œuvre qui connaît un succès mondial - il est aujourd'hui traduit en plus de vingt langues - est adaptée au théâtre, au cinéma (La Musique du hasard de Philip Haas, 1991) mais aussi en bande dessinée (Cité de verre, par Paul Karasik et David Mazzucchelli, Actes Sud, 1995).

Il obtient plusieurs prix littéraires, dont le Médicis étranger en 1993 pour Léviathan.

En 1995, Paul Auster a vécu une première expérience cinématographique en tournant en collaboration avec Wayne Wang Smoke et Brooklyn Boogie. Lulu on the bridge est son premier film.Toute l’œuvre de Paul Auster est publiée chez Actes Sud.

Note :

découvert récemment Paul Auster... avec le voyage d'Anna Blume puis Mr Vertigo. Lecture plutôt plaisante.

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En attente de lecture : Brooklyn Follies

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Voir également les nouveautés chez Actes sud :

http://www.actes-sud.fr/nouveautes.php?groupe=5

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image :

La légende des siècles de Magritte (1952)

Pour en savoir un peu plus ou tout du moins se rafraichir la mémoire et pour découvrir l'autre monde de Paul Auster : http://www.universalis.fr/encyclopedie/C070308/AUSTER_P.htm, 

http://austerworld.free.fr/cadres2.htm.

Découverte d'une statue de l'empereur Marc Aurèle

ARCHÉOLOGIE - TURQUIE
Mardi 26 août 2008
La tête et un bras d'une statue d'environ 4 mètres de haut de l'empereur romain Marc Aurèle ont été retrouvés par des archéologues belges et turcs en Turquie, sur un site où avait déjà été découvert celle d'Hadrien, un autre empereur.

Une équipe d'archéologues belges et turcs ont exhumé les restes d'une statue géante représentant l'empereur Marc Aurèle dans les thermes romains de Salagassos, l'actuel Aglasun (province de Burdur) dans l'ouest de la Turquie, a indiqué mardi à l'AFP un responsable local.

La découverte, qui date du mercredi 20 août, a permis de retrouver une tête à l'effigie de Marc Aurèle, haute d'environ 90 cm, de même que le bras droit tenant un globe dans la main, les deux en très bon état, a souligné le conservateur du musée de Burdur, Haciali Ekinci.

Selon les estimations la statue devait être haute de 4,5 mètres, a souligné le responsable.Les deux jambes de l'empereur, qui a régné de 161 à 180 après Jésus-Christ, ont également été exhumées par l'équipe dirigée par le professeur belge Marc Waelkens de l'Université catholique de Louvain, a-t-il souligné au téléphone.

Sagalassos, habitée jusqu'au septième siècle après Jésus Christ, a été détruite à cette époque-là par des tremblements de terre et s'est enfoncée ensuite dans l'oubli.

Le professeur Waelkens mène depuis 1985 des recherches dans cete ancienne cité riche en découvertes.

La même équipe d'archéologues avait déjà découvert sur ce site une autre statue colossale, celle de la tête, le tibia et un pied d'une statue de l'empereur Hadrien qui régna de 117 à 138 après Jésus-Christ, a ajouté M. Ekinci.

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source :

http://www.france24.com/fr/20080826-decouverte-statue-geante-empereur-romain-marc-aurele-archeologie-turquie


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